Sortie à Dagali (Norvège) sur la Numedalslågen, en septembre 2006

Etudiant "erasmus" à Oslo c'est plutôt cool… et ça laisse du temps libre. La plupart des étudiants se sont donc tournés vers le sport pour occuper leur temps libre.

Et en bon kayakiste qui se respecte, je me voyais mal courir sur des tapis roulant en salle...

La Norvège est une destination à la mode pour les kayakistes, mais la période idéale est juillet/août. Bref en septembre on arrive en fin de saison, il y a moins d'eau et donc moins de rivières praticables.

Bref, première étape de la "mission kayak en Norvège" : trouver un club de kayak ou équivalent, qui organise des sorties en rivières, et qui dispose d'un peu de matériel (j'ai laissé mon matériel de kayak en France).

Bonne nouvelle, visiblement l'OSI (Oslostudentenes Idrettsklubb, l'association sportive des étudiants d'Oslo) à une section kayak : elvepadling. Bon le site est en norvégien, il fallait s'y attendre...

Heureusement après un rapide échange de mails, tout s'accélère : il y a une sortie en rivière organisée le week-end du 8/10 septembre. Et hop c'est décidé, direction Dagali, à mi-chemin entre Oslo et Bergen (environ 200 kms d'Oslo).

Deuxième étape : trouver les locaux du club en question. A priori rien de bien compliquer, surtout que les locaux sont situés dans une résidence étudiante. Sauf que… il faut préciser que les locaux en question sont en réalité une cave, sans aucune indication pour y accéder !

Bref après avoir tourné un peu dans la résidence, je finis par tomber sur des kayakistes… enfin ! Descente des escaliers sans lumière pour accéder à la cave ("mais qu'est ce que je fais là moi ?!"), et là… cool il y a tout ce qu'il faut. Ils sont carrément bien équipés, les derniers bateaux à la mode, combinaisons, dry-top, bottillons...

Il y a même un Infrared (le bateau que j'utilise d'habitude), comme quoi ils en ont vendus au moins 2 exemplaires ;-) Bref ça commence bien !

Nous sommes donc 7 au départ d'Oslo, en ce vendredi soir. Direction Dagali, 200 kms et des brouettes (oui, la brouette est l'unité de mesure officielle en Norvège, malheureusement souvent délaissée au profit du système métrique).

200 kms en Norvège, ça peut être long, très long. Hé oui, l'état norvégien n'est pas trés enclin à faciliter la vie des automobilistes, et l'autoroute est un concept un peu abstrait dés qu'on s'éloigne d'Oslo.

Cela rallonge un peu la durée du trajet, mais on en profite pour discuter et faire connaissance. Enfin… lorsque les norvégiens parlent anglais. Le reste du temps… c'est un peu comme la radio norvégienne le matin au p'tit déj ! Et pour compliquer, ils ont une fâcheuse tendance à passer du norvégien à l'anglais dans la même phrase. Visiblement personne ne les a prévenus que les français ont du mal avec les langues étrangères ;-)

Bref, un peu plus de 3h plus tard, nous voilà arrivés à Dagali.
Hébergement en "cabins", petites maisonnettes de 4 personnes équipées avec frigos et plaques (mais pour l'eau il faut sortir).

Donc première soirée norvégienne, bière et gauffres, jusqu'ici rien de très exotique.
Visiblement mes nouveaux amis norvégiens ne sont pas très motivés pour parler anglais ce soir, j'en profite pour feuilleter le guide des rivières norvègiennes. Alors, la "Numedalslågen"… le descriptif est plutôt sympa : cette rivière est surnommée "Zambezi section", en référence au fleuve africain mythique. Bref du volume en perspective ! Classe III, IV avec des passages V, ça risque de chauffer demain !

La soirée se termine avec une vidéo de kayak assez impressionnante, histoire de se rappeler qu'il y a encore du boulot ;-)

Le lendemain matin, je peux apprécier le célèbre rythme norvégien : on prend son temps, p'tit déj, discussions, aller-retours d'une cabine à l'autre… enfin tout le monde est prêt, 3 autres kayakistes nous ont rejoint ce matin (devenu midi par la même occasion !).

Les cabins sont situées au bord de la rivière, au point de débarquement. On part donc en voiture rejoindre le point d'embarquement, en empruntant au passage un chemin le long de la rivière. Il s'agit d'un chemin privé, avec une petite cabane à l'entrée, pour payer le droit d'accès… Comme partout en norvège, personne n'est là pour vérifier que les usagers payent, mais les norvégiens sont très respectueux (non, pas de comparaison avec les français !)

Bon ça manque un peu d'action tout ça !

Donc c'est parti, on décharge les bateaux et on embarque ! Naviguer en septembre en Norvège, c'est un peu comme naviguer en novembre en France : gants et cagoules sont de sortis pour lutter contre le froid !

Pour revenir à la rivière, ça manque un peu d'eau, mais il y a quand même quelques rouleaux bien collants, et largement de quoi s'amuser voir se faire quelques frayeurs !

Les rapides sont bien marqués, on procède donc au rituel du repérage pour la plupart des rapides. Et au rythme norvégien, faire débarquer, repérer, puis ré-embarquer une dizaine de norvégien, ça prend du temps ;-)

Enfin tout se passe bien, pas de sketch comme on en a régulièrement quand on navigue entre français (non je ne vise personne !). Les norvégiens n'ont pas une navigation très technique, mais ils ont l'habitude de naviguer en rivière et ils jouent beaucoup avec l'esquimautage...

Enfin on arrive au dernier rapide, formé de plusieurs marches et encombrés de rochers comme il se doit.

Voilà, il est déjà 16h, je me rend à l'évidence : on ne fera pas de 2ème descente aujourd'hui. On a déjà bien navigué, et comme d'habitude au moment de débarquer tout le monde y va de sa petite anecdote. Pour le coup le contact passe mieux avec les norvégiens, ils parlent beaucoup plus anglais quand je suis là, et s'ils parlent norvégien il y a toujours quelqu'un pour me traduire.

Deuxième soirée, heureusement pour moi la culture kayakiste n'a pas frontière, bref repas, boissons et discussions de kayakistes ! Les soirées sont fraîches à Dagali, beaucoup plus qu'à Oslo, et chacun lutte comme il peut contre le froid : duvet, whisky...

Réveil difficile le lendemain matin… A peine quelques centaines de mètres après l'embarquement déjà 2 abandons ! Et oui, boire ou pagayer, il faut choisir ;-)

Pour le coup on a le droit à quelques sketchs : cassage de pagaie ou bains synchronisés. Mais bon le beau temps est revenu, alors on prend son temps et on se laisse aller entre les rapides...

Et puis il est déjà l'heure de rentrer sur Oslo, et ses classiques bouchons du dimanche soir (on ne change pas les bonnes habitudes parisiennes !) ...

Vincent