Autriche et Suisse, août 2007
Sortie (ou plutôt stage) avec les p'tits gars de montreuil-juigné et Denis en Autriche et en Suisse. Lundi 13 août Après un petit détour sur le Chalaux histoire de se chauffer et de refaire ma pointe avant (note pour plus tard : ne pas essayer de sauter courtibas trop à gauche, il n'y a pas de fond dans le contre en bas !), nous arrivons au camping de Landeck, dans le Tirol, lundi 13 août vers minuit. Mardi 14 août Mardi matin, réveil matinal et même footing pour certains, puis descente de la Sanna qui passe à Landeck. Nickel pour une première approche des rivières du coin. Et les rivières du coin, elles sont… volume ! Rien à voir avec les petites rivières manoeuvrières du brianconnais auquelles je suis habitué. La Sanna, donc, II-III volume, rivière canalisée avec un minimum de blocs / cailloux / stops. Il ne reste qu'un seul véritable rapide : la ligne droite de Plantz, juste après un pont et un virage à droite. On y trouve quelques trous sympathiques, que j'évite soigneusement le temps de me sentir à l'aise dans le volume. Il y a quelques spots, que les freestyleurs s'empressent de squatter. Débarquement direct au camping, juste avant la confluence avec l'Inn. Pas de navette… heu, manip, c'est cool. L'après midi, il parait que c'est l'Inn au programme. On embarque après le barrage (qui lache tous les après-midi), et on descend les parties "Inn Shoot" et "Landeck gorge" jusqu'à la confluence avec la Sanna, c'est à dire jusqu'au camping. Il est quand même bien placé ce camping ;-)On repère rapidement de la route en montant, mais on ne voit pas grand chose à part quelques gros blocs. Cool, on va pouvoir slalommer un peu. Ca à l'air plus sauvage que la Sanna également, l'Inn n'est pas canalisée. On embarque sous une chaleur accablante, au dernier pont de la partie plate. 100 mètres de plat, un virage à gauche, et… pouf ! la rivière disparait !
Denis ouvre, disparait dans un trou qui barre une bonne partie de la rivière, puis on ne voit plus rien. Bon, il est tant d'y aller ! J'essaie d'éviter le premier trou par la gauche, puis repart complètement à droite pour négocier le seuil qui arrive un peu trop vite. Hop, petite chandelle arrière, et je fais mon stop à gauche. Ca palpite fort, le rapide d'entrée est pas mal impressionnant vu d'en bas. Un coup d'oeil derrière : oups on voit rien ! Petite pensée : "j'aurais du regarder le topo avant de suivre les autres là dedans !".
Le reste s'enchaine pas trop mal, on descend doucement, on s'arrete souvent, on débarque pour jetter un oeil quand on ne voit rien. Justement, pendant qu'on repère une bonne ligne droite, Jérémie tente un bac pour nous rejoindre, qui se termine en double cravate dans un fond de contre. Denis, le kangourou du groupe, se jette à l'eau pour le secourir. Ouf, tout va bien. Certains passent la ligne droite dans la veine principale, en prenant soin d'éviter un trou monstrueux en plein milieu, tandis que d'autres feintent par la passe de gauche, au milieu des cailloux.
Encore un dernier rapide, du genre où tu fais un stop à droite et qu'on te dis gentillement : "la passe est l'autre coté, faut faire un bac au dessus du bloc et du trou", et on rejoint les plus jeunes qui embarquaient plus bas.
La partie qu'on vient de faire est "Inn Shoot", 2km classés V. Ah bah oui, effectivement ! Le reste, c'est "Landeck gorge", classé III-IV. Ca descend vite, ca pousse fort, il y a de la pente et quelques trous qu'il vaut mieux éviter. Les rapides sont bien marqués, avec de la récup' entre chaque. On a quelques bains à déplorer, mais rien de bien méchant. Certains rapides sont trés impressionnants vu d'en haut, surtout lorsqu'on ne voit les kayakistes que quand ils sont au sommet des vagues ! On s'habitue également à voir la rivière une fois sur deux, en arrivant au sommet de la vague.
Les gorges sont plutôt sympathiques, et on arrive dans Landeck, à la confluence de la Sanna. Et bien quelle journée !! Ca faisait longtemps que je n'avais pas navigué dans de telles rivières ! et ce n'est rien par rapport à ce qui nous attend... Mercredi 15 août 15 août, jour férié. On voudrait bien refaire l'Inn, mais on craint qu'il n'y ait pas de lâcher. Petit coup d'oeil au topo… tiens, l'Oetz, ca à l'air pas mal, non ? Et hop, c'est parti pour la vallée de l'Oetz, qui se jette dans l'Inn plus en aval de Landeck. L'Oetz, ou plutôt l'Oetztaler Ache, de son vrai nom, est une rivière glacière composée de plusieurs parcours : la partie haute (IV), la partie moyenne (V, voir plus), les chutes (VI), et la partie basse (III-IV). Nous décidons à juste titre de commencer par la partie basse. L'embarquement se fait à Oetz, au niveau du bassin de slalom. Nous remontons un petit peu histoire de repérer… heu, admirer "Oetz falls", 2ème partie (la 1ère partie est encore plus impressionnante !). Bon, c'est classé VI, et c'est pas pour rien… On redescend tranquillement, et on croise des rafts qui s'apprêtent à embarquer… à 2 guides par raft. La seule autre rivière que je connaisse où il y a 2 guides par raft est… le Gyr ! Bon, ca risque d'envoyer un peu quand même ! Embarquement en haut du bassin de slalom. Heureusement que les portes sont trop hautes, ca nous évite de nous ridiculiser : ça pousse fort, trés fort, il faut anticiper pour ne pas se retrouver dans un trou ou contre un caillou. Après le bassin c'est pareil, les blocs en moins, donc un peu plus facile. Il y a quand même un bon petit paquet de trous, et ca court bien. Pas trop de récup' entre les rapides : le courant, même lisse, continue de pousser. Pierre en fera l'amère expérience, un prenant un bain un peu trop prolongé dans un bon trou qui barre la rivière.
Arrivée à un pont, avec une tête de mort souriante et un message du type : "débarquement à 600 mètres". On arrive au barrage à rappel, qu'il faut absolument porter. On en profite pour se remettre un peu de nos émotions, la petite photo de groupe, et c'est déjà reparti. La suite s'enchaine bien, quelques rapides IV bien marqués, puis on arrive à la confluence avec la mer… heu, avec l'Inn. Attention, gros volume à partir d'ici ! Cette partie de l'Inn avoisine les 250 mètres cubes ! Rien de bien compliqué, c'est du III volume avec uniquement des vagues lisses, mais quelles vagues ! Il s'agit en fait de la fin du parcours "Imst Gorge" sur l'Inn. On y croise beaucoup, beaucoup, beaucoup de rafts. C'est en effet le parcours le plus fréquenté, prêt de 200 rafts par jour en pleine saison ! Une véritable autoroute, à coté de ça la Durance fait office de petite départementale. Certains guides se sont même installés des gourvernails sur leur rafts, histoire de moins se fatiguer...
Bref, on finit par arriver à Haiming, lieu de débarquement commun des parcours Imst Gorge et Lower Oetz. Il y a bien un centre de test Prijon, mais il a l'air vide et abandonné… tant pis. Il se fait tard et surtout faim, on rentre manger au camping. L'après midi, comme on s'y attendait, pas de lâcher sur l'Inn. On repère un autre parcours dans le topo : "Inn from Tosens", classé III-IV, en amont du barrage. Banco, Inn from Tosens, c'est parti !
Malheureusement pas grand chose à dire sur cette partie, on a bien croisé quelques rapides III voir III+, le reste étant du II. Peu de bloc, peu de contres, et moins de volume. C'est malgré tout un parcours trés agréable pour les kayakistes moins expérimentés, ou en quête d'un peu de repos. A noter que c'est une section naviguée par les rafts, mais lors de notre descente nous n'avons croisé personne. Le soir, petit barbecue au camping, merci à nos voisins italiens qui nous l'ont prêté. On en profite pour discuter, visiblement ils ont fait la partie haute de l'Oetz, alias Upper Oetz. Ils nous conseillent d'embarquer avant 10h, car il fait beau et chaud… et le niveau monte vite ! L'Oetz à la réputation de pouvoir tripler son volume dans une seule journée, ca a de quoi faire réfléchir... Jeudi 16 août Le réveil est plus difficile ce matin, la fatigue commence à se faire sentir. On ne sera pas sur l'eau à 10h, c'est sur...
Quitte à aller dans la vallée de l'Oetz, on décide de prendre à manger avec nous et d'y rester la journée. Au programme : Upper Oetz puis Lower Oetz. Cette fois-ci, lecture du topo pour tout le monde. L'Upper Oetz est classée IV+ sur 4 ou 5 km, l'embarquement se situe au pied d'un rapide V. En bon kayakistes, on jette un oeil sur le V en arrivant. Tiens, 2 kayakistes qui embarquent en amont. Visiblement ils connaissent bien, ils n'ont aucun mal à prendre la passe choisie (bien à droite dans la 1ère ligne droite, ca doit envoyer dur en plein milieu !), et à s'arrêter régulièrement. Grand beau, le soleil tappe fort, il est pas loin de midi… pas de doute, il y a de l'eau !
Denis, Jérémie et Antoine décident de descendre le V, tandis que nous embarquons au milieu du rapide afin de faire uniquement la seconde ligne droite, qui à l'air plus facile (vu du bord). On a beau avoir bien repéré la trajectoire, ca pousse trés fort et c'est beaucoup plus impressionnant au raz de l'eau. Il faut pagayer fort pour mettre le bateau au bon endroit. Arrivé en bas de la ligne droite, on en profite pour souffler un peu le temps que les photographes se replacent. Le V est passé, le reste devrait être un ton en dessous. "devrait"… Ca reste à prouver ! On se rend trés vite compte que ca envoie toujours autant, sauf que cette fois-ci on descend à vue. C'est Denis qui ouvre, il a choisit de naviguer en petit bateau (Blaze), ce n'est pas tout à fait ce qu'on pourrait appeller une bonne idée. Il se bat pour garder son bateau dans la trajectoire, pour le sortir des trous, du coup derrière on navigue un peu n'importe comment en tas. Tout d'un coup je le vois disparaître dans un trou devant moi, juste le temps de l'éviter et je me rend compte qu'en fait il tourne dans un méga trou limite rappel. Je cherche un stop pour débarquer et remonter, mais le temps de s'arrêter et il s'est déjà fait éjecter. Ouf… petite pause, on a tous le coeur qui bat a 150 à l'heure, on se demande ce qui nous attend ensuite... On descend étape par étape, en prenant soin de rester sur le côté gauche pour s'arrêter rapidement en cas de besoin. Au milieu, pas de blocs, pas de rochers, rien pour ralentir l'eau qui dévale à une vitesse allucinante. Il n'y a pas de rapides, il y a un unique rapide. Pas de pause, à vous de trouver les quelques contres sur les côtés. Le fond n'est pas trés loin, on peut le sentir par moment sous la pagaie...
Puis on arrive dans les gorges. Une zone un peu plus calme, puis la rivière plonge. Cette fois-ci nous débarquons pour repérer. Il s'agit d'une belle ligne droite, avec un super drossage au bout. Et bien sur un méga trou juste avant le drossage. La trajectoire est là, entre le trou et le drossage. La marge de manoeuvre est étroite… Les premiers s'élancent, ca passe bien. A mon tour : j'embarque rapidement, puis m'élance. Oups, avec les vagues j'ai un peu de mal à repérer où est le trou et à quel moment tourner. 1ère vague… 2ème vague… 3ème vague… Ah, le trou est là, vite, à droite. Ouf, ca passe bien, je rejoins les autres dans le contre.
On sort des gorges, ca enchaine toujours aussi vite. On débarque par 2 fois pour repérer les passes. On slalome pour éviter les plus gros trous, et on essaye de garder le bateau à plat au milieu de toutes ces vagues qui déferlent de façon aléatoire. Enfin, on reconnait le débarquement. Ouf, c'est quand même un soulagement d'arriver en bas entier. Heureusement que personne n'a nagé, je ne sais pas où on aurait récupéré le matériel !
Pendant qu'on mange au bord de la rivière, entre 2 récits de nos exploits du matin on entend les cailloux rouler au fond de l'eau... Pas de doute, le niveau d'eau est supérieur au niveau de la veille… ca risque de bien envoyer sur Lower Oetz également. Du coup les plus jeunes décident d'embarquer sur l'Inn pour descendre Imst gorge, l'arrivée des 2 parcours se faisant à Haiming. Pour nous, retour au bassin de slalom d'Oetz. L'échelle, qui était en bas de la partie bleue la veille, est maintenant presque à la limite bleu-rouge… L'eau n'a plus la même couleur.
Effectivement, fini les pseudo zones de récup' : tout s'enchaine, et vite ! Là où il n'y avait qu'un petit rapide III, il y a maintenant une série de grosses vagues. Heureusement, il n'y a presque plus de trous. Ca descend vite, mais c'est "safe" tant qu'on est dans le bateau. Le rappel du barrage est encore plus impressionnant, la zone d'embarquement "classique" fait maintenant partie du rappel… L'échelle est passée de 70 à 130...
Puis c'est l'arrivée dans l'Inn. L'Oetz, marron, se jette dans l'Inn, presque transparente. Sacré changement. Le reste du parcours se déroule sans encombres jusqu'à Haiming, où l'autre groupe nous rejoint... Cette journée est pour moi la plus belle du séjour : ca faisait longtemps que je n'avais ressenti de telles sensations en naviguant. Et c'est clairement la première fois que je descendait une rivière avec des vagues et des trous de cette taille ! Vendredi 17 août Ce matin… il pleut. Après tout ce beau temps, forcément la motivation en prend un coup. Donc devant la motivation générale, on décide de naviguer sur la Rosanna, petite rivière qui se jette dans la Sanna en amont de Landeck, puis de refaire l'Inn du côté de Landeck : Inn Shoot et Landeck Gorge. On embarque avec nous 2 allemands de passage au camping, qui cherchaient une navette… heu, manip. Arrivée à l'embarquement de la Rosanna : oula y'a pas beaucoup d'eau. On se croirait à l'embarquement de la Clarée. Et en plus il pleut… Bref, on laisse les jeunes partir sur la rivère avec BoBoss, Denis et les allemands, et on s'occupe de la manip. Objectif numéro 1 : trouver un bar pour se poser au chaud. Du coup on en profite un peu trop, et on arrive à la bourre à l'arrivée. Les autres sont à moitié gelés… oups, désolé les gars. L'après midi, direction Inn Shoot. Il y a un peu moins d'eau que la première fois qu'on l'a faite, et visiblement tout passe bien. Ou presque : l'un des 2 allemands navigue en Igo, un bateau de freestyle qui doit faire 1m80 de long… Je pense qu'il a passé plus de temps la tête dans l'eau que hors de l'eau, mais bon... Samedi 18 août Petite pause ce matin, on prend son temps… Tarot pour certains, Guitare pour d'autres, de notre côté on est parti visiter la vallée de la Trisanna, l'autre rivière qui se joint à la Rosanna pour former la Sanna. Malheureusement la Trisanna à elle aussi été canalisée, et est devenue moins intéressante. Dommage, la vallée est trés sympa. L'après midi, direction Lower Oetz. Cette fois-ci il y a presque le même niveau d'eau que lors de notre première descente. On commence à bien connaitre cette section, la descente se déroule donc sans trop de problème, en tout cas sans bains. Dimanche 19 août Réveil matinal, on plie baggages et direction la Suisse ! On remonte la vallée de l'Inn, pour naviguer sur la partie supérieur de l'Inn, en Suisse, donc. L'Upper Inn est composée de plusieurs parcours dans des gorges, dont certains peuvent s'enchaîner. On attaque par Schuls Gorge, parcours coté III avec 3 passages IV. Attention, fini le volume ! On retrouve des rivières plus manoeuvrières, avec des blocs, des rochers, etc. Schuls gorge ne semble pas poser trop de problèmes, jusqu'à ce que je parte en avant pour prendre quelques photos d'un passage qui, vu du haut, ne semblait pas si… vicieux ! Le courant pousse à droite, dans une veine et un trou qui ne paye pas mine. Sauf que… chandelle arrière garantie. Le bateau retombe à plat, je m'arrête rapidement, et remonte à pied me positionner pour filmer les gags à venir. Manque de bol l'appareil est plein de buée, impossible de filmer. Alors je me contente d'admirer les passages tous plus acrobatiques les uns que les autres des kayakistes. Jusqu'à Etienne, qui réussit le tour de force de planter l'avant du bateau et non l'arrière, et termine dans un petit contre sous le falaise, puis trés vite à la nage. Le bateau, bien calé dans son contre, décide de rester là un moment. Il faudra l'intervention de Denis, qui s'est payé une petite descente en rappel de la falaise pour décoincer le bateau. Visiblement c'est un contre bien connu, puisqu'une corde est placée à cet endroit précis...
Le reste se passe sans encombres, on passe devant une base de rafts qui s'est permit de découper un topo en deux (j'en connais à qui ça ne ferait pas plaisir) et qui nous jette gentillement des bonbons… l'Inn, aquarium géant ;-)
Un peu plus tard, on passe devant un ruisseau qui se jette dans l'Inn, et dont certains se sont amusés à descendre les derniers mètres. Retour au camping de Susch, il pleut, la température à bien baissée (il faut dire qu'on est beaucoup plus haut que Landeck). Le soir, petit visionnage de film dans les sanitaires pour s'occuper. Lundi 20 août Lundi matin, il pleut toujours. Pas trop de motivation pour naviguer, on en profite pour faire un peu de randonnée dans le coin, on visite les restes du chateau fort local. Jolie vue sur la vallée, ca vaut le détour ! L'après midi, Giarsun Gorge. On part pour rejoindre le point d'embarquement… et on s'arrête avant d'avoir fait 1 km. "Que ce passe-t-il ?". "C'est ici l'embarquement". Ah. On aurait pu embarquer direct du camping… Bon tant pis.
Giarsun Gorge, donc. III passages IV, plutôt manoeuvrier également. Pas de problèmes particuliers, si ce n'est le portage au débarquement. Le débarquement se fait au point d'embarquement du parcours suivant : Ardez Gorge. Mais nous gardons ce parcours pour le lendemain (admirez la transition !). Le soir, il pleut encore. Petite séance visionnage de film dans les vestiaires des douches, ça a son charme… mais au moins on est au chaud et au sec. Mardi 21 août Donc au programme ce matin : Ardez Gorge. D'après le topo, du IV-IV+ avec un passage V et un VI à porter. 4 km, 3 heures. C'est à priori la gorge la plus "hard" de l'Upper Inn... Concentration au départ. Le casque intégral est de sorti. Et en plus, ca tient chaud aux oreilles, tant mieux !
Le début se passe sans encombres. Les veines et les courants sont francs, les passes bien dessinées, les rapides bien marqués, les contres nombreux. D'après le topo, il s'agit d'un parcours enchainé avec peu de contres… Je pense qu'on a un petit niveau d'eau. En même temps c'est une rivière glacière et la chaleur n'est pas vraiment au rendez-vous… Bref, on se retrouve dans du III-IV plus que dans du IV. 800 mètres après le départ, nous voilà déjà au passage V, qui enchaine sur le VI (un gros drossage malsain, à porter). On repère le tout… mouais, pas terrible. Antoine est quand même motivé pour descendre le V. On se place en sécu : 2 plongeurs, 1 troisième corde, 1 type dans le contre et 1 pour filmer… tout ça pour 1 kayakiste ! Il s'élance pour le premier passage : un double seuil dont le premier retient bien, le tout dans un virage à droite. Plop, un peu d'élan et 3 coups de pagaies, l'affaire est classée. Du bord ca à l'air facile. Denis se motive également et part à son tour : il manque de vitesse, passe le premier seuil pas trop mal mais se retrouve en arrière pour le second… finalement ca passe, ouf !
On replace la sécu plus bas pour le second passage : encore deux seuils enchainés, à prendre dans la diagonale de la rivière… Antoine passe en premier, nickel. Derrière Denis nous fait une petite frayeur : il se fait un peu retenir, place une chandelle avant, ressort en arrière pour passer le 2ème seuil, et du coup rate le stop… heureusement la sécu intervient rapidement, les 2 plongeurs sautent pour le récupérer avant qu'il ne passe le drossage. Ouf ! Le portage du drossage n'est pas évident, mais on en est pas encore à utiliser les cordes pour passer les bateaux. On rembarque rapidement, les premiers débarquent pour repérer le passage suivant, et là… c'est le drâme ! Etienne se retourne et nage, le bateau en profite pour se faire la malle et s'engouffre dans le rapide suivant. Ceux qui avaient débarqués partent en courant le long du bord pour tenter de le récupérer, derrière on hésite un peu à se lancer à la poursuite du bateau. Le temps de jeter un oeil au rapide pour trouver la passe, et c'est reparti. Entre temps, Denis à réussi à rattraper le bateau dans la zone de calme après le rapide. Bon, on s'en sort pas si mal...
Arrivée à mi-parcours, une passerelle (seule échappatoire du parcours) assez rapidement suivie d'un seuil… à rappel ! Portage obligatoire, et c'est reparti. Le reste s'enchaîne plutôt bien jusqu'au débarquement, qui correspond à l'embarquement de Schuls Gorge. L'après midi, direction Brail Gorge, le parcours le plus en amont de l'Inn. En faisant la manip (ou navette, c'est comme on veut, hein), on rencontre des anglais qui sortent de l'eau. Visiblement c'est petit niveau… bon tant pis, on y va quand même !
On arrive dans un petit village : fin de la route. On se change donc au milieu du village, j'ai l'impression qu'on est pas vraiment les bienvenus ici, les gens nous regardent bizzarement. On tourne un peu dans le village le temps de trouver un accès à la rivière, puis c'est parti ! Brail Gorge est côté IV, il parait que le paysage est superbe. Malheureusement le temps est carrément gris, ça gâche un petit peu...
Dés le départ le ton est donné : il y a de la pente, mais pas trop d'eau et ça ne pousse pas beaucoup. Ca ressemble pas mal à la combe de l'ange-gardien sur le Guil… Certaines passes sont plutôt hazardeuses, d'autres un peu trop étroites : on y passe pas le kayak en largeur. Et ça peut finir dans l'eau… heureusement la récup' est super facile, il suffit de se mettre debout dans l'eau !
Ca slalomme dur : passage entre 2 blocs, hop le p'tit seuil à droite… ah un rocher, vite à gauche, plop stop à droite. Tiens la passe est de l'autre côté à gauche… bac, on contourne un bloc, encore un petit seuil, encore un rocher, une petite barrière de cailloux… ca gratte sous le bateau… Bref ça se descend plutôt bien.
Le decors est plutôt pas mal, mais c'est le genre de parcours qui s'apprécit sous le soleil... Voilà, on a fait les parcours les plus intéressants de l'Upper Inn, et vu le temps ici… personne n'est super motivé pour resté plus longtemps. Donc c'est décidé, demain matin on part un peu plus loin. De toute façon je crois que le proprio du camping nous a dans l'oeil, alors autant ne pas s'attarder... Mercredi 22 août Réveil matinal encore une fois, on range tout, et direction la Glenner, un peu plus à l'ouest. A priori parcours IV manoeuvrier, il y a juste un barrage à rappel à porter. Petit repérage pendant la navette/manip : il y a de quoi s'arrêter avant, ca devrait le faire. Donc c'est parti, on embarque sur une petite rivière à l'eau transparente et bien froide, ca a l'air sympa tout ça. Sauf que… au bout de 100 mètres on arrive à la confluence avec une autre rivière, nettement plus chargée… finit, l'eau transparente !
Encore quelques centaines de mètres, la rivière devient plus étroite et disparait au détour d'un virage. Denis, fidèle à son habitude, s'élance en tête. Derrière tout le monde suit à intervalle régulier. On se retrouve finalement à 3 au dessus d'un seuil dont on ne voit pas la sortie. Visiblement la passe est à droite… en tout cas c'est là qu'ils sont tous passés. Un peu d'élan, hop nickel.. ah non, en fait ça repart en arrière, mince la falaise à droite… hop, trop tard, c'est parti dans le rappel. Un petit tour, plop la tête sous l'eau, bon tant pis on sort… La récup' se passe plutôt bien : il y a un petit bassin et Pierre au bord. Je souffle un peu… ah oui, effectivement la passe était à droite, mais pas trop à droite : il y a la falaise. En fait ce seuil à un peu la même physionomie que celui de la perte des vaux sur le Chalaux, avec un petit rappel collant juste ce qu'il faut. Visiblement Denis et Etienne ont nagés aussi, tout le monde est déjà descendu plus bas pour récupérer le matériel. On se regroupe tranquillement, et c'est reparti.
Un peu plus bas on arrive à une belle cassure : un premier petit seuil bien collant, un bon rouleau, et un deuxième seuil encore plus collant. Le tout enchaîné et un peu trop rapproché. On décide d'arrêter les frais et de porter ce passage. Puis ça s'enchaine plutôt bien, jusqu'au barrage à rappel. On débarque en rive droite sur une gravière… qui s'arrête nette au niveau du barrage, lequel est bien calé entre les 2 falaises. Impossible de passer. Heureusement qu'il n'y a pas trop d'eau, et que le barrage ne surverse pas à son extrême droite : on en profite pour descendre les 5 mètres en rappel. Petite interlude assez sympathique, donc. Par contre avec plus d'eau ca peut vite devenir un vrai casse-tête à porter...
Encore un peu plus bas, une belle série de petits seuils et de trous, dont le dernier aura raison de la jupe de Denis : 2ème natation de la journée, plutôt douloureuse. Du coup le bateau en profite pour se faire la belle en solitaire sur un bon petit bout de chemin.
Les derniers rapides se passent bien, à condition d'être bien vigilant. En somme, une belle rivière, qu'on a peut-être sous-estimée au départ. On en sort un blessé, mais de bons souvenirs. Jeudi 23 août Pour le dernier jour en Suisse, on a prévu le/la Lanquart, légèrement au nord-est de la Glenner. Côté III passages IV, encore du manoeuvrier. 2 barrages à porter, et un VI après le débarquement. Il va falloir être vigilant ! Le point d'embarquement n'est pas évident à trouver (on tourne un peu...), l'eau est gelée et bien transparente, et le début ne pose pas de problème particulier. On a plutôt un petit niveau, donc ca ne pousse pas trop, il y a pas mal de contres, bref pas trop de pressions. La petite section engorgée relève un peu le niveau, et on sens qu'avec de l'eau ça doit bien envoyer !
On arrive au premier barrage, portage plutôt facile à gauche. Quand au second… on le cherche encore ! Erreur de topo, ou alors modif de la rivière...
Idem pour le VI après le point de débarquement : en attendant la navette on est parti le repérer… il s'agit plutôt d'un IV+, trajectoire facile : en plein milieu, juste un drossage à la fin. J'ai du mal à voir comment ca peut se transformer en VI avec plus d'eau, mais… il faut toujours se méfier ! Voilà, finit la Suisse. On remonte en voiture, direction la France. Vendredi 24 août Petit Chalaux, puisque c'est sur la route, et que les montreuillois (ou montreuillais ?) ne connaissent pas. Bon, inutile de préciser qu'après les gros volumes autrichiens, et les rapides manoeuvriers suisses, la comparaison est… délicate. Tout passe bien, fingers in ze noze...
Martin se fait quand même retenir dans la perte des vaux, et personne ne réussit à attraper le 3ème stop de courtibas. Etienne réussi même l'exploit de nager dans la dernière ligne droite avant le débarquement… sûrement pour rincer le bateau ;-) Voilà, dernier repas en groupe, le soleil est de retour, c'est pas trop tôt ! Le cidre coule à flot, l'ambiance est au rendez-vous… et il est déjà temps de repartir, direction Paris ou Angers. Ce fut vraiment un séjour génial : super navigation, excellente ambiance, zéro prise de tête, 100% plaisir (ou presque, n'est ce pas Antoine et Martin ;-) Merci à tous : Denis (pour l'invitation), BoBoss, Jérémie, Antoine, Antoine (oui il y a 2 Antoine), Pierre, Pierre (oui il y a aussi 2 Pierre...), Etienne et Martin. Vincent
